#Blogging: Lettre à Facebook

Cher Facebook,

On se connait depuis longtemps, toi et moi. Presque 10 ans. Depuis le 21 Novembre 2008 à 20h24 exactement. J’ai suivi ton évolution et tu as suivi la mienne. Mais tu as changé, Facebook.

Tu avais déjà 4 ans quand on s’est rencontré. J’en avais 18. Tu es vite devenu la star du lycée. Tout le monde te connaissait et tout le monde voulait jouer avec toi. A l’époque, on ne se protégeait pas comme maintenant. On te disait tout. On te montrait tout. Tu étais là quand ça allait. Tu étais là quand ça n’allait pas. Tu étais le lien avec des amis encore présents. Et tu m’as permis de garder contact avec les autres. Parfois même de retrouver d’anciens camarades. Tu nous permettais de partager, nos humeurs, nos photos. C’était chouette.

Tu es vite devenu indispensable. Un peu l’ombre de moi même. Ou non. Plutôt, ma vitrine. Tu savais tout. Absolument tout. Tu me suivais plus que je ne te suivais, en fait. Une intrusion dans ma vie qui ne me gênait pas plus que ça, parce que c’était la mode. C’était même un mode de vie. Tu étais là. Toujours là. Partout et nulle part à la fois. C’était fascinant.

Lentement mais surement. Tu te régalais des scandales. Parce que la nature humaine n’est pas toujours très ouverte, très juste ou même indulgente. Le lynchage public est devenu presque une norme. Cachés derrière toi, les gens se sont lâchés. C’est devenu plus compliqué de s’exprimer librement. Sans craindre un retour de pelle.

Et puis petit à petit, tu as commencé à prendre confiance. Tu as commencé à t’imposer. Plus que lourdement. Souviens toi, quand tu as décidé que certains profils privés devaient devenir des pages publiques, parce qu’ils partageaient trop de lien d’une page. Exposant ainsi à la vue de tous, la vie privée de certaines personnes. Leurs albums photos. Leurs statuts. Toute leur vie déballée sans autorisation. Et souvent, contre l’avis de la dite personne. A cette époque, j’avais mon blog culinaire. Je partageais souvent sur mon mur. Alors j’ai arrêté, par peur de voir mon profil devenir public. C’est dommage quand même, de ne pas pouvoir partager sur son propre lieu d’échange, son travail, sous peine de voir exposer sa vie privée si précieuse comme dans dans un tabloïd.

Déjà, à ce moment là, tu récoltais amoureusement toutes mes infos. Ma date de naissance et celle de mes proches. Mes photos. Mes faits et gestes. Tu savais toujours où je me trouvais. Et quand tu hésitais, tu cherchais à savoir en me posant la question. J’ai commencé à t’en dire de moins en moins. Parce que cette intrusion me gênait, un peu. J’avais du mal à comprendre, comment tu faisais pour m’envoyer des pubs qui correspondaient exactement à mes recherches précédentes sur internet. Que ce soit de mon ordinateur ou de mon téléphone. C’était flippant. Dérangeant. Et tellement intrusif. Mais je fais partie de cette génération où l’on sait que tu es là. Et que tu sais tout. Et ton bord social est attractif. Alors… J’ai accepté.

Mais ca ne te suffisait plus. Tu en voulais plus. Toujours plus. Alors tu as racheté tes amis. Whats app, Instagram, et tu as même voulu acheter Snapchat. Comme si tu n’avais déjà pas assez d’infos, tu as cherché à en récupérer encore ailleurs. La encore tu t’es imposé presque partout. Il est rare qu’on ne puisse pas se connecter à un site, via Facebook. Tu as même poussé le vice, en nous imposant tes propres applications. Comme le jour où, sans mon accord, mes sms ont commencé à arriver par messenger. Je n’avais rien demandé, et il était hors de question que tu puisses avoir accès à mes numéros. Mais je n’ai pas eu le choix.

Et tu as continué dans ta lancée. Désormais, tu me demandes sans cesse où je suis, ce que je fais, et avec qui. Chaque fois que j’ouvre ton appli, j’ai un pop up, avec au choix: la méteo me conseillant de faire ci ou ça, un sondage auquel je dois répondre, un message qui m’indique que je n’ai pas posté depuis longtemps. Parfois même, tu me l’envois en notif, histoire que je ne t’ignore pas.

Régulièrement d’ailleurs, tu me dis que je ne suis pas assez présente pour toi. Même quand j’ai posté il y a une heure. Quand il se passe quelque chose de grave dans le monde, tu me demandes de prévenir mes proches via toi, pour leur dire que je vais bien. Et où je me situe. Mais Facebook, sache que je n’ai pas besoin de toi pour cela.

Depuis quelques temps déjà, tu prends des décisions à ma place. Tu décides de ce que je dois voir, ou pas. Tu filtres, je ne sais même pas comment, les pages que je suis et ce qu’elles postent. Et tu filtres aussi ma page. Sur 250 abonnés à ma page, seuls 4% voient ce que je poste. 4%! C’est peu. Très peu. Trop. Pourquoi fais tu ça Facebook? Ah. Oui. Le business. Parce que, pour m’encourager dans mon dur labeur, tu me proposes de booster mes publications. Tout se monnaye, je sais. Mais tout de même. Et comme je ne cède pas, Facebook, tu me harcèles maintenant. Deux à trois fois par jour, tu m’envois un message pour me proposer de finaliser un boost que je n’ai même pas lancé. Sache, qu’il est hors de question que je te paye, Facebook. Je te nourris déjà bien assez avec toutes les infos que tu récupères à droite à gauche.

Alors, comme tu n’est pas satisfait de moi, tu prends de nouvelles décisions à ma place, et à la place de mes abonnés. Tu les désabonnes de ma page, tu me désabonnes de certaines page, au nom du manque d’interactions entre nous. Mais Facebook, comment veux tu qu’il y ait des interactions, quand tu nous caches la vue. Comment veux tu que les 96% de mes abonnés me répondent et discutent avec moi, si tu ne leur montres pas mes publications. Tu as changé, Facebook. Tu pues le fric. Tu nous trompes, tu nous manipules, et tu te fous de notre gueule.

J’en ai marre moi, Facebook. Je t’ai beaucoup donné, et même si aujourd’hui, je fais attention, je sais que tu m’observes. Je sais que tu en sais beaucoup plus sur moi que je ne le voudrais. Et pourtant, tu vois, je l’accepte. Je te laisse faire. Mais toi, tu en veux encore plus. Toujours plus.

Tu vois, en 2008, j’étais accro à toi. Je postais peut être des dizaines de fois dans la journée. J’avais les yeux fixés sur toi. Tu vivais à travers moi, ou l’inverse, je ne sais plus. Aujourd’hui, il arrive que tu me dégoutes. Je te laisse dans un coin parfois plusieurs semaines parce que je ne te supporte plus. Et tu me cours après. Je ne te laisserais pas tomber, tu sais, parce que je n’ai pas vraiment le choix, finalement. Tu restes essentiel sur beaucoup de points. A cause de toi, j’ai besoin de toi. Tu es partout. Tu sais tout faire. C’est difficile aujourd’hui, de ne pas être ton ami. C’est difficile de te dire non. Et puis même quand on dit non, il faut que tu t’incrustes.

Tu es chiant, Facebook.

Alors, quitte à t’introduire chez moi, fais un effort. Arrête d’essayer de me soutirer de l’argent, sous pretexte que tu peux m’aider à réussir. Alors que derrière, je sais que tu peux aussi tout détruire. Tu es un réseau social. Tu tends à en devenir une pression. Si ce n’est pas déjà fait.

Si tu m’entends, Facebook, et je sais que c’est le cas, en un sens. Réagis, avant que le monde se désintéresse de toi pour un autre. Comme beaucoup avant toi. Skyblog. MySpace. Viadeo. Copains d’avant.

Je t’aime autant que je te hais, Facebook.

Bien à toi,

Roxy.

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14 commentaires sur « #Blogging: Lettre à Facebook »

  1. Je me reconnais complètement dans ce que tu dis. Et je suis dingue de la façon dont tu l’as écris : clair, net, tranchant. Comme Facebook, au final : parce que oui comme tu dis c’est un réseau social, mais lui, il n’a rien de social, il ne comprend pas que non, on devient pas pote en un clique et non, harceler qqun pour qu’il te donne son lieu de vie, ce n’est pas sain.
    Je suis juste un peu plus « chanceuse » que toi, je me suis toujours un peu méfié de lui… pas de page pour le blog, peu de publication de ma part. Je rode sur les bords, et surtout, SURTOUT, je ne lui donne aucun droit de me poluer avec ses notifications intempestives…
    Alors si jamais l’aventure t’en dis, il y a un grand bazard nommé « réglages » sur FB. Il faut s’y mettre à fond parce que ce n’est pas pratique, mais tellement salvateur…!
    Merci pour tes mots, et à bientôt ! 😘
    Camille

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    1. Je te remercie de ton commentaire je suis contente que ma façon d’ecrire te plaise.

      En ce qui concerne les reglages. Quasiment tout est privé. Ce qui est publique n’est que ce que je veux bien montrer. En revanche c’est plus difficile de gerer l’intrusion etant donner qu’il est absolument partout. Mais bon. On fait avec. Mais payer NON.

      Aimé par 1 personne

  2. Mais c’est tellement ça…
    Mériterait qu’on leur dise un gros fuck. D’ailleurs les changements qu’ils envsagent vont un peu dans notre sens. Mais c’est loin d’être fait…

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  3. Aaaaaah Facebook… Une grande histoire de « haimour »… Le plus intrusif et addictif des compagnons. Sans lui, nous sommes libres et perdus. Avec lui, nous sommes enchaînés, trackés mais, je ne sais pas pourquoi, on se sentirait presque rassurés qu’il soit là. Comme tu le dis, on le déteste autant qu’on l’aime.
    J’ai pensé des dizaines de fois à le quitter. Je n’ai pas réussi à passer le cap. « Trop important pour le travail, pour le blog… »,  » C’est le seul moyen que j’ai, d’avoir des nouvelles de certaines personnes… »
    Il a su se rendre indispensable et c’est bien ça le problème.

    J’espère qu’on arrivera à se réconcilier avec notre « ami/ennemi » commun

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  4. Quel bel article.. et tellement effrayant ! Malheureusement Facebook n’est que le reflet de l’évolution de notre société. D’ailleurs, c’est peut-être aussi sa faute.. sans parler de Google mais ça c’est une autre histoire !
    Je ne sais pas si tu es au courant mais bientôt (2018 je crois ?), plus aucune publication venant de Pages ne tombera dans les fils d’actus. C’est-à-dire qu’il faudra absolument payer, le nombre d’abonnés n’aura plus aucun intérêt.. !
    En tant que blogueuse, je me demande si je ne vais pas déjà fermer ma page FB dédiée au blog, car il est hors de question de dépenser de l’argent pour ça..
    A méditer !
    Claire

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    1. Oui j’ai lu quelque part que ça allait changer mais je ne pensais pas que ce serait à ce point. Surtout quand on voit les chiffres catastrophiques de Facebook ces derniers temps. Utilisation en baisse de 43%… C’est juste enorme. Mais ça ne m’etonne pas. Je ne vais pas fermer ma page pour autant, mais je ne paierais pas non plus il en est hors de question. C’est très dommage je trouve pour un réseaux social de se planter à ce point dans sa stratégie… Money money money.

      Aimé par 1 personne

      1. Je suis entièrement d’accord… mais le fait est que malgré l’utilisation en baisse, la publicité sur FB fonctionne très bien ! Jusqu’au jour où tout le monde en aura marre de ne voir que des pubs ..

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